J'ai déjà dû t'en parler, j'ai eu une relation avec une femme plus âgée que moi et plus hardcore aussi. Entre chaque date, je n’étais pas sûre de vouloir la revoir.
par Sophie Ginsky
J'ai déjà dû t'en parler, j'ai eu une relation avec une femme plus âgée que moi et plus hardcore aussi. Entre chaque date, je n’étais pas sûre de vouloir la revoir. Je crois qu’elle me faisait un peu peur. Ou bien je n’arrivais pas à la cerner. Et en même temps, elle me fascinait. J’aimais son air détaché, une manière d’être qui disait “c’est à prendre ou à laisser”. Dans le sexe, je la sentais capable de tout, et bien plus expérimentée que je ne l’étais. (Bon, OK, c’est sûrement d’abord cet aspect qui me ramenait à elle.)
Nommons-la pour que ce soit plus simple, disons qu’elle s’appelle Sabrina. Une chose que m’a apprise Sabrina, c’est l’usage du lubrifiant. C’est tout bête, mais avant de la fréquenter, le lube, pour moi, c’était un truc de femme ménauposée. Ou de filles qui ne mouillent pas. J’en suis pas fière, je t’assure, mais je dois le dire ici pour être tout à fait honnête, et parce que parfois on a des trucs en tête sans bien s'en rendre compte. Comme je mouille facilement - à peine excitée ma culotte est là pour témoigner ! - j’avais l’impression que les femmes qui n’ont pas cette facilité n’étaient pas des vraies femmes : qu’elles n’avaient pas de chance, ou qu’il y a un truc qu’elles n’avaient pas compris.
Actionner la pompe du flacon
J’étais pleine de préjugés. La déconstruction a justement commencé avec Sab. Elle sortait son big flacon de lube (j’en n’avais jamais vu d’aussi balaise, je ne savais même pas que ça existait), et moi je me demandais bien pourquoi puisque je mouillais et elle aussi. Le jour où je lui ai posé la question, on s’était déjà pas mal chauffées, elle et moi, elle m’a regardé avec son air que je connaissais bien et qui disait un truc du genre : Tu vas voir ce que tu vas voir. Et puis elle a actionné la pompe du flacon et posé sa main sur ma vulve. Il s’est passé quelques instants dont je me souviens comme d’une éternité hyper chaude. Elle me regardait dans les yeux. J’avais l’impression qu’elle me fouillait tout au fond et c’était aussi excitant que quand elle enfilait son gode-ceinture sauf que là, c’était juste avec les yeux.
Sa main sur ma vulve, le lube coulant sur les lèvres de ma chatte, sur mon clito.
Son regard me pénétrant, faisant de moi sa chose…
J’attendais que ses doigts se mettent à bouger, qu’ils donnent un sens à la grosseur de mon clito. Mais Sab a retiré sa main, elle l’a à nouveau aspergé de lubrifiant. Et toujours en me regardant tout au fond de l’âme, elle a posé sa main sur un de mes seins. Sans bouger. Le même jeu de regard et de lube qui coule de mon sein, le long de mes côtes. De ma chatte, sur mes cuisses.
Laisser couler, dégouliner, bouillir
A nouveau, le flacon, la pompe. Les gestes de Sab sont plus lents, elle prend un plaisir visible à me chauffer. Je lui dis que j’ai envie de me frotter contre elle. Elle ne dit rien. Elle plaque sa main humide sur le haut de ma raie. Ça coule, dans mon cul, sur mon ventre. J’en ai partout. Je me sens glissante, dégoulinante, bouillonnante. "Ça répond à ta question ? a demandé Sabrina en titillant mon anus. Est-ce que tu as envie de te sécher ? Qu’on fasse sans lubrifiant, juste avec nos fluides naturels ?” Elle me caressait le clito de son autre main, et je me frottais à elle comme je pouvais.
Ce jour-là, j’ai compris la puissance du lube. Sans aller dans de telles extrémités, aujourd’hui, le lubrifiant est mon meilleur ami, à partager ou en solo. C’est bien simple, il suffit que je m’en applique une noisette dans la main, que je me demande : “plutôt ici? Ou là? ”, et je suis à fond !
photo : Malvestida sur Unsplash