Quand ta voisine climaxe en mode Callas

Est-ce que ça t’est déjà arrivé d’être très excité.e par une situation, et en même temps très mal à l’aise? D’avoir envie de lui sauter dessus mais aussi de tout stopper pour passer à autre chose ?

 

par Jérémy Jourdain

 

Est-ce que ça t’est déjà arrivé d’être très excité.e par une situation, et en même temps très mal à l’aise? D’avoir envie de lui sauter dessus mais aussi de tout stopper pour passer à autre chose ? Je me suis retrouvé dans cette situation, il y a peu, c’était déroutant. Je te raconte. 

 

Boulot, boulot, boulot…

On est juste après la grosse vague de chaleur, enfin on respire, je vais dîner chez ma copine Mia, dans son appart au cinquième étage sur cour. Avec Mia, on ne sait jamais trop comment la soirée va se finir. Parfois elle a juste envie de me raconter ses affaires du moment, parfois on dort gentiment ensemble parce que l’un de nous est triste ou qu’on est juste fatigués ; et puis parfois on se fait une bonne séance de sexe du genre qui te remet le moral au beau fixe. 

La soirée démarre plutôt sur la première option, Mia a préparé des trucs à grignoter, elle est ultra belle dans sa robe d’été légère mais elle parle de son boulot, de mecs de son boulot, des process de son boulot. Moi, faut être honnête, je suis un peu ronchon de la sentir si loin de moi, mais bon, pote-pote, OK.

On en est à la salade de fruits quand ça commence : des gémissements de femme. Mia lève les sourcils comme pour dire : “Encore ça!” ; elle ne fait aucun commentaire. Plus tard, les gémissements sont continus, on a vraiment l’impression que la femme est à trois mètres de nous. 

  • C’est le cas, confirme Mia. Elle est derrière cette cloison. 

Elle montre le mur, derrière le canapé sur lequel je suis assis. 

  • Et comme toutes les fenêtres sont ouvertes, tout le monde en profite.
  • Ça t'embête ? je demande.
  • C’est sans arrêt, grogne Mia. Je bosse ; elle gémit. Je dors ; elle me réveille en hurlant. Je suis en visio ; il faut que je ferme les fenêtres. C’est vraiment chiant.

La femme a haussé d’un ton, c’est devenu vraiment torride. Derrière, on devine une voix de type qui lui dit des trucs - et la femme répond Oui, oui, je veux. Je bande à m’en faire craquer le caleçon. 

  • Ça ne te fait rien de les entendre ? je demande avec ma meilleure voix décontractée.

Mia me regarde avec son petit sourire espiègle.

  • Toi, en tout cas, ça te fait de l’effet. 

Et elle vient s’asseoir à côté de moi avant de poser sa main sur mon sexe. Oh là, là ! Grillé comme un collégien ! J’ai honte ! 

 

La toile du pantalon

Mia me regarde avec un air amusé. Elle me caresse par-dessus la toile du pantalon. J’essaie de fermer mes oreilles pour ne plus entendre la voisine, j’essaie de penser aux soirées de novembre, quand il pleut et qu’on a à peine le courage de se lever pour mettre la bouilloire en marche. 

  • Moi, ça ne me fait plus grand-chose, admet Mia en me déboutonnant. Mais de sentir ton sexe si dur et de voir tes yeux tout fous, ça, ouais, ça me fait des trucs.  

Et la voici qui glisse entre mes jambes pour me caresser le sexe de la pointe de sa langue avec son air espiègle. De l’autre côté de la cloison, la fille remet ça. Je l’entends à peine, happé par le regard de Mia et sa langue sur mon sexe. 

Cinq minutes plus tard, Mia m’a enfilé une capote et elle m’enjambe en se mordant les lèvres. 

  • Te gêne pas si tu veux crier, elle dit. 

J’éclate de rire et on se met à rigoler tous les deux. J’adore ces moments avec Mia, quand on rit et qu’on baise en même temps. 

On ne tient pas très longtemps tous les deux, et on se retrouve collé.e.s l’un à l’autre malgré le temps encore orageux. De l’autre côté de la cloison, la femme monte dans les aigus, elle n’est pas loin du climax. 

  • Vas-y, Paulette, t’y es presque, encourage Mia.
  • Tu la connais, je demande, tout gêné. 
  • Ouais, vas-y Paupau, on est avec toi, dit quelqu’un dans la cour.
  • Tu tiens le bon bout, dit une voix d’homme. 

Ça rigole pendant que le couple en vient au sommet de son plaisir.

  • Non, je ne la connais pas, m’explique Mia un peu plus tard. C’est un truc qui s’est mis en place entre voisins. Une nuit qu’ils étaient à fond, toute la cour était réveillée. Et quand ça a été fini, quelqu’un a dit : “Eh Paulette, c’était trop chouette !”, et tout le monde a ri. Depuis, c’est resté. 

Mia secoue la tête, elle a l’air désolée. 

  • Tu sais, c’est marrant vite fait d’entendre un couple baiser. Mais quand ils te réveillent au milieu de la nuit, une fois, deux fois, dix fois, t’as juste envie qu’ils jouent au jeu du bâillon. Et puis c’est comme le porno : si t’en veux pas, de quel droit on va t’en imposer sur le registre "Allez, fais pas ta coincée!” C’est une forme d’exhibitionnisme qui en plus nous réveille ou s’impose à nous à tout moment !  

 

Je n’avais pas vu les choses sous cet angle. J’étais désolée pour Mia. Heureusement, il y a cette complicité entre voisins. Ils doivent aller ensemble sonner à la porte de la Callas du climax. À voir ce que ça va donner.

 

 

crédit photo : fevrierphoto sur unsplash